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(source photo) 

"Rainbow Warrior mon amour"

Pierre Gleizes

"Il y a 40 ans, une poignée d’activistes fondait Greenpeace. Aujourd'hui, l’association compte des millions d’adhérents à travers le monde. 

En 1980, à l’âge de vingt-trois ans, Pierre Gleizes embarque sur leRainbow Warrior en tant que photographe et membre d’équipage. Témoin et acteur privilégié de nombreuses actions de l’organisation, il présente avec son appareil photo une arme précieuse : ses images — qui font le tour du monde et dénoncent plus sûrement que les mots.       

Compagnon de route de Greenpeace pendant trente ans, Pierre Gleizes séjourne à de nombreuses reprises sur les bateaux de l’organisation. À l’aube du quarantième anniversaire de l’association, il revient sur ses années de combat aux côtés de Greenpeace. Son récit évoque ainsi toutes les grandes campagnes qui ont fait la notoriété de l’organisation dans le monde (défense des baleines, campagnes pour les bébés phoques, lutte contre la pollution, les essais et l’industrie nucléaire, contre la pêche pirate, les OGM, le réchauffement climatique, etc.).

À bord de l’Esperanza, du Rainbow Warrior, ou du Sirius, il nous fait partager la bonne humeur, le danger, l’engagement quotidien de ces chevaliers modernes. Illustré d’images inédites, fourmillant d’anecdotes, ce témoignage est un véritable récit d’aventures qui nous entraîne aux quatre coins du monde dans un combat sans fin pour défendre l’environnement."

Edition Glénat, 384 pages. 

 

Le livre que je vous présente aujourd’hui m’a été offert par mon amoureux. Trouvé d’occasion, il m’a beaucoup plu. J’y ai appris de nombreuses choses au sujet de Greenpeace et de leurs actions.

Son titre fait référence au bateau le Rainbow Warrior, l’un des bateaux les plus célèbres de Greenpeace. Pierre Gleizes a eu l’occasion de monter à bord à de nombreuses reprises.

Ce livre, écrit sous la forme d’un journal de bord, retrace sa carrière de photographe au sein de Greenpeace depuis 1980 à nos jours. Présent lors de nombreuses missions en mer, il capte les moments d’actions, et retransmet la tension et l’émotion régnant lors de celles-ci.

Une écriture simple, descriptive et objective. On le lit rapidement, filant de pages en pages, sans trop s’ennuyer même si certains chapitres sont plus passionnants que d’autres il faut l’avouer. Comme il ne relate que les missions auxquelles il a participé, un sujet devient vite récurrent : le nucléaire. Il a été présent lors des nombreuses actions menées contre le transport marins des déchets nucléaires, leur relargage en mer, ou encore leur « recyclage » dans des usines du cap de La Hague. Le livre est donc composé à un tiers de ce type d’actions. C’est un peu trop pour moi, non pas que le sujet ne m’intéresse pas, mais j’ai nettement préféré les chapitre relatant les missions contre le massacre des bébés phoques, la chasse à la baleine, l’importation de bois tropicaux en provenance des forêts primaires,…

J’ai également beaucoup apprécié les passages narrant les missions d’évaluation de la pollution provoquée par les guerres, par exemple après la guerre au Liban. Si j’ai toujours compris les impacts humains, sociaux et économiques d’une guerre, je n’avais jamais pensé (il faut un début à tout) aux impacts écologiques (et donc finalement sanitaires) d’une guerre sur un pays…entre les marées noires, les puits de pétroles explosés rejetant des mètres cubes de fumées toxiques, les usines chimiques bombardées…j’ai découvert une nouvelle conséquence négative de la guerre (comme s’il n’y en avait pas déjà assez…).

De plus, le livre comprend de nombreuses photos. Certaines sont vraiment choquantes comme celle d’une mer de glace au centre de laquelle un long chemin de sang est tracé par un bateau chasseur de phoque. D’autres géniales comme le passage d’un bateau dans le canal de Corinthe. D’autres encore, si elles n’ont rien d’esthétiques, permettent d’appuyer le texte et de mieux comprendre les actions et parfois les réactions insolites des policiers à l’encontre des militants. Associées aux écrits, elles offrent la possibilité de mieux comprendre les coulisses d’une action.

Finalement, le gros point noir, non pas du livre, mais de l’histoire c’est l’évolution de Greenpeace. Au fils des pages l’association prend de l’ampleur, on commence presque à ses débuts pour terminer sur l’énorme ONG qu’on connait aujourd’hui. Avec ses points positifs (actions plus marquantes, mieux organisées, reconnaissance du publique,…) mais aussi ses points négatifs : arrangements à « l’amiable »  des grands patrons de l’association avec les patrons d’usines qu’ils condamnent, incohérences d’actions entres deux détachements dans des pays différents, …

Dans le fond ce livre permet finalement de comprendre une association de l’intérieur. De découvrir des personnes fortes, aux belles idées, souvent méconnues du grand public car elles ne sont pas les représentantes officielles de l’association. De la solidarité, du professionnalisme et l’envie de faire bouger les choses, voilà leurs plus grandes qualités.

J’ai terminé ce livre plus ou moins à la même période où « Cowspiracy » commençait à se faire connaitre. Je ne l’ai pas encore vu mais ça ne devrait pas tarder. Dans ce documentaire, dénonçant les conséquences climatiques de la production et consommation de viande, Greenpeace a refusé de se positionner. Peut-être par peur de perdre des adhérents et l’image positive qu’ils se sont durement construit auprès du public. Il est donc dommage de voir une association si influente, avec de si belles idées de base, refuser d’aborder une question cruciale pour l’écologie. Je ressens donc une certaine déception, surtout après la lecture de ce livre qui présente des militants pourtant si engagés pour la préservation de l’environnement.